Vachon
Naissance d’une passion
L’histoire de cette passion débute en 1878 avec la fondation de la société BOMBOY. Mais c’est en 1884 que le nom de VACHON apparaît, associé à celui d’Adolphe Bomboy. Située au 5-7 Cours de la Liberté, la maison de commerce BOMBOY & VACHON achète et vend vernis et couleurs.
En cette fin du 19ème siècle, le bâtiment connaît un essor considérable. L’urbanisation de la rive gauche de Lyon, avec les quartiers des Brotteaux et de la Part-Dieu, prend fin. La construction de la Préfecture et de la Basilique de Fourvière s’achève vers 1890.
En cette seconde moitié du 19ème siècle, on assiste également à la naissance de l’industrie chimique, et, dans un tout autre domaine, à celle du cinématographe des frères Lumière.
En 1890, Bomboy quitte la société. Paul Vachon s’associe alors à son frère Alphonse pour fonder la Maison VACHON FRERES au capital de 2000 anciens francs.
La peinture utilisée à cette époque est à base de céruse de plomb. Ses composants : poudres blanche, huile de lin, essence de térébenthine et siccatif sont vendus séparément, le mélange étant effectué par les peintres.
Les couleurs sont des pigments d’origine naturelle, tels que le jaune de chrome ou les ocres, présentés sous forme de pain de sucre.
Le service offert à la clientèle par la maison de commerce VACHON FRERES s’inscrit déjà comme une priorité. Les frères Vachon se déplacent eux-mêmes à l’extérieur de Lyon afin de prendre les commandes annuelles de leurs clients : les artisans et les entrepreneurs. La peinture est peu utilisée par les particuliers ; le bricolage n’existe pas encore. La peinture relève donc uniquement de la compétence des professionnels.
A l’aube du 20ème siècle, La Maison VACHON FRERES comprend moins d’une dizaine de personnes et ceci jusqu’aux années 45. En 1907, Louis Vachon s’associe à Paul après la mort de son père Alphonse. Durant la guerre, l’entreprise fonctionne au ralentit.
A cette époque, le badigeon apparaît sur le marché, c’est une peinture à l’eau à base de blanc de Meudon et de colle de peau de lapin. Peu solide, le badigeon sera surtout utilisé pour peindre les plafonds.
La guerre va cependant apporter beaucoup de changements. L’utilisation de la céruse de plomb est interdite car dangereuse pour l’organisme. Elle est remplacée par le blanc broyé. Le White Spirit prend la place de la térébenthine, les pinceaux sont en poil de porc.
Entre 1918 et 1938, la maison de commerce VACHON FRERES est surtout dirigée par Louis. La crise des années 30 marque la fin des années euphoriques. Les répercussions de la récession se font sentir dans tous les secteurs économiques. Louis Vachon décide de mettre son fils Guy à l’école de Tissage. A sa sortie de l’école, Guy entre dans l’entreprise de son oncle. Il la quitte peu après pour effectuer son service militaire.
Contre toute attente, la récession a peu d’effet sur la maison de commerce VACHON FRERES, et le Front Populaire, ne sera pas non plus un frein à son développement.
En 1938, Paul se retire de la société qui est dissoute. La maison Vachon change alors de statut, et devient une
S.A.R.L. : 150 parts de 1000 Francs constituent le capital de la société ; Louis en possède 80, (sa sœur 10 et Guy 60).
Lorsque la guerre éclate, l’entreprise ne recrute plus qu’un salarié. Louis Vachon est trop âgé pour continuer. Son fils, réformé, part travailler dans une minoterie, l’entreprise ne lui permettant plus de vivre. Les matières premières se font rares. Il faut trouver un ersatz. Il rachète du zinc aux pâtis, les envoie à Marseille dans une usine afin de devenir de la poudre de zinc. L’entreprise, ainsi que les peintres, obtiennent de l’huile de lin en échange de tickets de rationnement, et ce au prorata de leur consommation annuelle.
Guy, à la mort de son père en 1943, reprend la direction de l’entreprise.