Vachon
A l’aube de la communication
Les affres de la guerre se sont estompées pour laisser place à la pénurie et à l’inflation. La société Vachon décide de réinvestir les bénéfices réalisés dans les stocks. Son capital qui se monte à 450 000 anciens francs en 1946 passe à 1,5 millions en 1947. A cette époque, Guy Vachon entreprend un « tour de France » des fournisseurs pour mieux les connaître. Il rendra visite à la maison Ripolin dirigée selon ses propres termes « par des messieurs qui ne s’entendaient pas ».
Guy Vachon devient Président du Syndicat Régional Patronal à la fin des années 40. Il se rend à Paris tous les mois, à la Fédération Nationale, pour y discuter des problèmes de majoration de salaires, de problèmes sociaux, de contrôle des prix et des marges. Ces réunions permettront à la Fédération d’établir les premières statistiques concernant la profession.
En 1950, la société Vachon achète le Garage du Stade à Gerland et y installe des cuves pour stocker l’huile de lin, la térébenthine et le White Spirit. L’entreprise se fait livrer tous les 15 jours. Cette opération, une première à Lyon, permet à la société de dégager des bénéfices plus importants.
Les relations humaines tiennent une place prépondérante au sein de l’entreprise, tant au niveau interne qu’externe. Guy Vachon instaure à partir de 1955 une réunion de bilan annuel en présence des employés. Cette initiative considérée comme révolutionnaire par beaucoup permet cependant d’établir un climat de confiance dans l’entreprise ainsi qu’une valorisation des employés.
L’année suivante, la S.A.R.L. change de statut et passe en Société Anonyme, passage obligé de toute entreprise en phase de croissance. Elle doit également louer un local rue de Bonnel pour y installer la comptabilité, le 21 Cours de la Liberté ne suffisant plus.
En 1958, Guy Vachon organise le Congrès de la droguerie à Lyon. C’est une année marquante pour l’entreprise qui va commercialiser un nouveau produit. Il s’agit d’une peiture à base de vinyle s’allongeant à l’eau, formule exclusive qui a été donnée par un ami chimiste.
La société Vachon connaît les limites de ses compétences et n’hésitera jamais à confier à un spécialiste un travail qui n’appartient pas à son domaine d’activité. En 1959, elle fait ainsi appel à un professionnel pour mettre en place un nouveau système de gestion interne, notamment une gestion de stock.
VACHON S.A. s’agrandit, l’entreprise comprend désormais 16 personnes et occupe dès 1960 la totalité du bâtiment cours de la Liberté. Le départ des Etablissements GIROU, leurs voisins, a permis de prendre l’ensemble du bâtiment en location.
Le rouleau de peinture apparaît cette année là. Il sera vendu en exclusivité durant deux mois par la société Vachon. Au début, les professionnels sont sceptiques. Le représentant de Vachon S.A. doit laisser le rouleau à l’essai chez les peintres. Il le fait à St-Etienne chez un peintre peu convaincu, lui promettant de ne pas le facturer si celui-ci n’en est pas satisfait. Malheureusement, par suite d’une confusion, la facture lui est expédié. L’entreprise recevra par retour une lettre d’injures… Mais l’histoire dit que le client, totalement séduit par le rouleau de peinture demeurera fidèle à l’entreprise.
L’année suivante, la société VACHON intègre un Groupement d’achat. Elle abandonne peu à peu la Maison Ripolin pour travailler avec SIKKENS. Les années 60 sont en effet marquées par l’arrivée des produits hollandais sur le marché. Ces produits sont chers mais de qualité supérieure. En 1965, l’entreprise s’étend à Corbas où elle prend une option sur 10000 m². Aidée de la Chambre de Commerce et d’Industrie qui développe cette zone, le dépôt de Corbas est construit en 1970, les locaux de Gerland et de la rue Bonnel sont alors vendus.